L’invention d’un monde

Jusqu’au 24 mars, Le FRAC Auvergne et l’Hôtel Fondfreyde – Centre photographique de Clermont-Ferrand, s’associent pour présenter au public une double exposition : « L’invention d’un monde ».

Suite à une importante donation de la collection d’Anne-Marie et Marc Robelin au Frac Auvergne, est née l’idée de cette exposition : présenter en même temps plus d’une trentaines de ces nouvelles acquisitions, et dévoiler au grand public des photographies de premier ordre que les généreux donateurs ont prêtées pour l’occasion. 

Comme l’explique Jean-Charles Vergne, directeur du Frac, en introduction à l’exposition, le fait de constituer un fonds public ou une collection privée ne répond pas aux mêmes enjeux ni aux mêmes nécessités. Quand le FRAC se doit d’exposer la diversité de la création contemporaine, un collectionneur privé peut être beaucoup plus subjectif. Il n’en reste pas moins que l’ensemble présenté ici est tout à fait représentatif de la photographie contemporaine aux démarches riches et variées.

Les familiers du FRAC Auvergne, retrouveront d’ailleurs quelques artistes régulièrement montrés — les compositions « architecturales » et colorées de Stéphane Couturier, les natures mortes plus froides et assez picturales d’Éric Poitevin (dont on pourra aussi découvrir à l’hôtel Fondfreyde une saisissante série de portraits de combattants de la guerre 1914-1918) ou encore les grands paysages de Xavier Zimmermann.

Certains photographes que je ne connaissais pas ont attiré mon attention, comme James Welling et ses compositions abstraites et mystérieuses. Deux œuvres de l’anglais Stephen Wilks, assez proches de la photographie de rue, ne sont pas dénuées d’humour. À noter qu’une série du célèbre Martin Parr est aussi à découvrir au rez-de-chaussée de l’hôtel Fontfreyde.

Mais ce sont sans doute les paysages de l’allemand Elger Esser qui m’ont le plus marqués. L’auteur les réalise, apprend-on, avec de longues poses. Ses vues de bord de mer aux tons passés donnent l’impression de tirages que le temps aurait éprouvé. Les lieux évoqués renvoient à la littérature et à la problématique du temps (Maupassant, Proust…)

Je n’ai pas pu m’empêcher d’être amusé de la présence des « 3 Thomas » de la photo contemporaine. Thomas Ruff, Thomas Schûtte et Thomas Struth issus chacun de l’Académie des Beaux-Arts de Dusseldorf (comme Esser d’ailleurs), et dont les œuvres sont tout à fait impressionnantes.

J’étais ravi enfin de voir « en vrai » des tirages de Bruno Serralongue, (l’un des ses « feux d’artifices » fait l’affiche de l’exposition) artiste singulier dont je connais et suis le travail assez conceptuel depuis plus de 20 ans et qui me passionne. Découvrir les expositions, être face aux œuvres est une expérience incomparable. Il faut aller voir.

À noter enfin la présence de deux femmes exposées, mais non des moindres : Annette Messager et Natacha Lesueur dont les œuvres se répondent au rez-de-chaussée de l’hôtel Fontfreyde. Mais pourquoi deux femmes seulement ?

Que vous soyez ou non amateur de photographie contemporaine, dont les processus de création peuvent parfois dérouter, je vous invite à la curiosité. L’équipe du Frac Auvergne et de l’hôtel Fontfreyde ont constamment à cœur d’accueillir le public le plus large avec pédagogie et bonne humeur.

Info pratiques :

https://www.frac-auvergne.fr/exposition/linvention-du-monde/ https://clermont-ferrand.fr/agenda/l-invention-d-un-monde

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